« .. Et au loin, comme sortant du brouillard, se dégage une forme. Et peu à peu, la forme prend l’aspect d’une très belle jeune femme, mince, aux cheveux longs et de grands yeux clairs. La dame s’avance vers toi en souriant, en te tendant la main… »

Les yeux s’ouvrent d’un seul coup : « Euh, non, c’est pas possible, je suis marié et j’ai des enfants ! je ne peux pas faire ça»

 

Replonger dans un sommeil hypnotique ce jour-là, fut impossible. Que s’est-il passé ?

 

Cette scène s’est déroulée au cours de ma formation d’hypnothérapeute, aux Etats-Unis, il y a quelques années. Les étudiants venaient de tous les continents, de croyances, de cultures et d’éducation totalement variées. Entre chaque cours théorique, nous pratiquions beaucoup entre nous, sous la supervision de nos professeurs. Les protagonistes de la scène que je viens de décrire étaient un Pakistanais de Dubaï, l’hypnotisé, et un Suisse, l’hypnotiseur. Ce n’était qu’un exercice ; en temps réel, un thérapeute honnête aurait tout de suite compris qu’on ne peut pas dire, faire faire ou faire croire quoi que ce soit à son client, qui aille à l’encontre de ses valeurs fondamentales. Tout simplement, parce que le subconscient rejettera cette idée.

 

Alors que voit-on à la TV ? Du spectacle, tout simplement. Préparé bien sûr. Dans le but de distraire, ce qui en soi, est tout à fait honorable. Les personnes acceptant de monter sur une scène, en général, savent qu’on leur demandera de ‘se donner en spectacle’ devant un public. D’ors et déjà, elles sont réceptives et prêtes à suivre les suggestions que l’hypnotiseur leur fera. Et donc, me direz-vous, comment se fait-il qu’une personne considérée introvertie puisse devenir totalement autre sur scène ? Si ce qu’on lui demande n’atteint pas son être, son code de moralité, ses valeurs fondamentales, la personne hypnotisée acceptera la suggestion qui lui est donnée, et de devenir ‘autre’. Le spectacle d’hypnose de salle a contribué faire émerger de façon persistante, le mythe et les idées fausses que l’hypnotiseur prend le contrôle de l’esprit de l’hypnotisé. Cet état de fait empêche beaucoup de gens de considérer que l’hypnose puisse être un outil les aidant à se libérer du stress, à mieux dormir, à casser de mauvaises habitudes, ou encore à s’améliorer.

 

Cela étant dit, il y a bien eu quelques cas rapportés où un sujet, en état de vulnérabilité psychologique fragile, s’est laissé influencer sous hypnose, et à qui on a pu lui faire dire ou faire croire des choses qui, en réalité, n’ont jamais existé. En réalité, ce n’est que de la manipulation par les mots. N’est-ce pas une situation que l’on peut retrouver dans notre vie quotidienne ? Il ne tient qu’à nous de nous laisser influencer ou non par des mots.

 

C’est pourquoi il est important de souligner ici que le code de déontologie régissant notre domaine professionnel doit être absolument respecté. Le langage et l’attitude neutre adoptés par le thérapeute vis-à-vis de son client durant les séances, sont essentiels pour éviter tout dérapage.

 

Quelquefois, les clients qui viennent pour la première fois au cabinet ressentent une petite appréhension, car ils savent qu’en fin de séance, je leur fais passer un test de réceptivité et de suggestibilité. Sauf de rares cas, Ils sortent d’hypnose complètement détendus et rassurés.

 

Je dirais, en guise de conclusion, que l’état hypnotique est un état que nous connaissons tous, un état que nous vivons plusieurs fois par jour, sans nous en rendre compte, quand on est concentré sur un sujet particulier. Dès lors, devons-nous craindre une condition qui nous est naturelle ?

 

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